Un peu d'histoire

La Touraine, jardin de la France

La Touraine se situe au coeur du Val de Loire, en région Centre Val de Loire. Tours en est le chef-lieu et son agglomération représente plus de la moitié de la population de la Touraine. Indissociable des châteaux de la Loire et de ses vignobles, la Touraine renvoie une image de douceur de vivre, à l'instar de son surnom "le jardin de la France", attribué dès le XVème siècle à la région. 

Quelques données historiques

La Touraine historique, aujourd'hui grossièrement délimitée par le département d'Indre et Loire (37), est une ancienne province de France peuplée depuis le Paléolithique (-3M d'années à -10 000 ans). Elle tire son nom des Turones, peuple Gaulois également connu sous le nom de Turons ou Turoniens (les "forts" ou les "changeants" selon la traduction). C'est au premier siècle après J-C qu'apparaît la ville de Caesarodunum (Tours). Un réseau de voies romaines met la ville en relation avec les autres agglomérations de la région.

La fin de l'empire Romain (Vème siècle) va entraîner des périodes d'affrontements et d'invasions mais également l'implantation du Christianisme, grâce notamment au combat de Saint Martin contre le paganisme, qui restera important jusqu'à l'époque Carolingienne (VIIIème siècle). 

Un destin lié à l'Anjou

Pendant le Moyen-âge, le destin de la Touraine sera lié à celui de l'Anjou et devient même entièrement Angevine au XIème siècle (conquête de Foulque Nerra et Geoffroy Martel). Au XIIème siècle, la Touraine va se trouver au centre de l'empire des Plantagenêts (Henri II). Chinon va devenir résidence habituelle du roi d'Angleterre et des modifications importante dans le paysage vont apparaître (pont sur la Vienne, construction de turcies, déboisement,...).

En 1205, Philippe Auguste reprendra définitivement la Touraine à Richard Coeur de Lion et Jean sans Terre, consacrant la victoire Capétienne sur les Plantagenêts. 

La Touraine sera ainsi au centre du pouvoir royal jusqu'au milieu du règne de François 1er, avant qu'il ne soit rapatrié en région Parisienne à partir de 1536-1540, laissant des traces indélébiles dans l'histoire et le paysage de la Touraine.

Comment venir en Touraine?

Un peu de réflexion

Les valeurs de l'écotourisme nous invitent à une réelle réflexion autour de ses moyens de déplacement. L'écomobilité est une nouvelle manière de penser ses trajets, en minimisant au maximum son impact sur l'environnement et en limitant l'utilisation des énergies fossiles. Les moyens privilégiés restent donc les transports en commun, dans la mesure du possible.

La compensation carbone? 

Le principe est que "les impacts d’une tonne de carbone émise quelque part peuvent être neutralisés par la séquestration à long terme du CO2 hors de l'atmosphère (foret, océan, etc) ou la réduction d’une autre tonne de carbone ailleurs". 

Chacun se fera son opinion sur le sujet, tant plébiscité que controversé chez les opérateurs de tourisme et d'écotourisme.

Pour plus d'info sur Info Compensation Carbone ou Fondation Good planet 

Le train

Le train reste donc une des premières solutions à envisager. Ainsi, la gare de Tours (ou St-Pierre-des-Corps) n'est, grâce au TGV (SNCF), qu'à: 

  • 1h de Paris
  • 1h d'Angers
  • 1h de Poitiers
  • 2h de Nantes
  • 3h de Bordeaux
  • 5h de Lyon

L'avion

Si vous arrivez de plus loin, ou de l'étranger, l'aéroport de Tours dessert plusieurs destinations (Londres, Porto, Marrakech, Dublin, Figari en Corse et Marseille). Sinon, les aéroports de Paris sont accessibles en train en quelques heures. 

La voiture

Si vous utilisez votre véhicule personnel (voiture, moto, voiture électrique), il est possible de venir via l'A10 (Paris-Bordeaux) ; via l'A85 (Nantes-Tour puis Lyon) ; via l'A28 (Le Mans).

N'oubliez pas non plus la solution du covoiturage ! Simple et convivial, de nombreux sites y sont aujourd'hui dédiés (le plus connu restant Blablacar).

Autres moyens

De manière bien plus originale, n'hésitez pas non plus à venir en vélo. La Touraine propose un réseau de pistes cyclables très important, dont la fameuse "Loire à vélo" et même "l'Indre à vélo" et "Saint Jacques à vélo". Ou pourquoi pas en toue, à cheval ou même à pied (le chemin Saint Jacques de Compostelle passe à Sainte Maure de Touraine).

La Touraine en chiffres

  • Superficie de 6 127 km²
  • 600 000 habitants
  • Densité de 99 hab / km² (+ de 21 000 à Paris)
  • 28 000 étudiants
  • 8 000 cerfs
  • 10 000 sangliers
  • Paris, Marseille et Londres à moins d'1h30
  • 1,5 millions de touristes en 2015
  • 12 000 hôtels
  • 16 000 campings
  • 15 000 gîtes et chambres d'hôtes
  • 568 villages de vacances
  • 4 millions de sites visités en 2015 sur 371 sites 
  • 157 km de Loire à vélo
  • 6 833 km de sentiers de randonnées balisés
  • 135 000 hectares de forêts
  • 140 000 hectares d'espaces naturels classés Natura 2000
  • 1 réserve naturelle régionale
  • Une quarantaine d'Espaces Naturels Sensibles (ENS)

La mer de la craie: Histoire simplifiée de la géologie du Val de Loire

Du sous-sol...

l y a environ 100 millions d'années (Mésozoïque ou ère secondaire), la mer est arrivée en Touraine (transgression) par la région Parisienne (Nord-est). Les fleuves ont alors transporté des sables, de la craie, de l'argile et des marnes (argiles et calcaire) depuis les montagnes Bretonnes du Massif Armoricain vers cette mer. La Touraine est ainsi située au bord de la mer (sables). A -85 millions d'années (ère secondaire), la mer appelée mer de la craie recouvre totalement la région et va, par sédimentation, déposer plusieurs couches de calcaire au fil du temps (craie pure puis tuffeau blanc). Quelques 10 millions d'années s'écoulent avant que la mer commence à se retirer (régression), formant ainsi par mélange de calcaire, de sables et de mica (drainés par les cours d'eau) du tuffeau jaune (roche plus dure que le tuffeau blanc). A – 70 millions d'années, la mer est quasiment retirée et les cours d'eau continuent d'éroder le Massif Armoricain granitique, entraînant des sables, de l'argile et du silex. Une fois la mer disparue de la région (- 55 millions d'années, Cénozoïque ou ère tertiaire), le climat chaud et sec s'installe et va faire remonter une sorte de ciment qui viendra unir silex et fossiles, formant une roche dure conglomérée appelée localement « Perron ».

...aux papillons

D'un point de vue écologique, la nature du sous-sol explique en partie l'installation de cortèges floristiques spécifiques. En effet, le Perron, qui contient de la silice, donne un sol acide, favorisant ainsi certaines espèces végétales comme le Chêne, le Pin, l'Ajonc, la Bruyère,… En revanche, les sols sur dalle calcaire (craie, tuffeau,...) sera plus propice à la culture de la vigne et à l'installation d'espèces comme les Orchidées, le Noyer, le Fusain d’Europe,… Cette végétation influence alors l'installation ou non de la faune. Par exemple, certaines espèces de lépidoptères (papillons) sont strictement inféodées à une plante hôte, uniquement présente sur les pelouses calcicoles (calcaires). C'est la cas par exemple de Phengaris arion (Azuré du Serpolet) qui ne peut survivre sans cette plante sur laquelle se développent ses larves. Cette espèce dite parapluie fait l'objet de mesures de protection spécifiques. C'est bien la végétation, liée à la nature du sous-sol (ici calcaire) qui permet le développement d'une espèce animale. De plus, cette espèce se retrouve au sein d'une chaîne trophique (proie/prédateur), affinant la dépendance du vivant à la nature de la roche...

Quelques données scientifiques pour comprendre le territoire

Les sols

La Touraine, partie intégrante du Bassin parisien est une région de sédiments (argiles), calcaires, sables et silex, formant des ensembles de bas plateaux profondément échancrés de larges vallées. La craie du Turonien (Crétacé) forme le soubassement de la province. La nature et la composition des sols expliquent en partie la végétation mais aussi le paysage, du fait des activités humaines, possibles ou non. 

On distingue au moins 5 grands types de sols en Touraine:

  • Les bournais (ou limons de plateaux), sols argileux dominant le département, sont des sols difficiles à cultiver (sol lourd et imperméable, collant à la première pluie et s'encroutant au soleil). On distingue les bournais francs sur calcaire lacustre (sols sains) des bournais à silex (sols plus difficiles à exploiter). 
  • Les perruches sont des sols qui proviennent de l'érosion des bournais, que l'on retrouve donc sur les pentes légères. Ces terres contiennent du silex et se ressuient plutôt bien.
  • Les varennes (ou sols alluviaux) se retrouvent au niveau des vallées de la Loire et des rivières affluentes (Indre, Cher, Vienne, Creuse). Sableuses ou argileuses, ces terres, fertiles, sont très cultivées (maraichage, céréales, prairies,...). 
  • Les sols argilo-calcaires sont appelés Tufs, Aubuis ou Champeigne en fonction de la région. Issus de la décomposition du calcaire, ils sont sains et faciles à travailler. On y cultive surtout des céréales. 
  • Les sables de plateaux se retrouvent au niveau des forêts et des landes (de Gizeux à Pernay ou en forêt de Chinon) car les sols, acides, humides en hivers (du fait de l'argile) et secs en été, sont peu favorables aux cultures. 

Pour en savoir plus sur les sols de la Touraine, vous pouvez consulter le site de la Chambre d'agriculture 37.

Le relief

La Touraine, peu connue pour son relief présente tout de même quelques parois abruptes au niveau des vallées. Dans la vallée de l'Indre, à Courçay, on parle même de "Suisse tourangelle", du fait du relief important pour la région. 

Cependant, l'Indre-et-Loire reste un département aux horizons vastes et adoucis, nivelé par les dépôts de calcaires d'eau douce de l'ère tertiaire. 

La Gâtine tourangelle culmine à 179 mètres (au nord de Beaumont la ronce), et le plateau de Sainte-Maure ne dépasse pas les 140 mètres, avec une pente générale vers l'Ouest du département.

A l'Ouest justement, où se trouve l'altitude la plus basse avec seulement 28 mètres au dessus du niveau de la mer. C'est là que se trouve le village de Cande-Saint-Martin, à la confluence de la Loire et de la Vienne.

Au niveau de cette confluence se trouve un espace naturel exceptionnel en Touraine, le bocage du Véron. Ce site, régulièrement inondé est un ancien marécage assaini par l'Homme au rythme des guerres de possessions (creusements de fossés, plantation de haies,...), est aujourd'hui un un espace de biodiversité où certaines espèces fragiles et protégées s'épanouissent (Fritillaire pintade, Castor d'Europe,...). 

Cet espace naturel est quasiment incontournable dans votre découverte de la Touraine. 


Contactez-nous pour organiser votre découverte du bocage du Veron, à pied ou à vélo.

Le réseau fluvial

A l'ère tertiaire, le contrecoup du soulèvement des Alpes a fait basculer la Touraine vers l'ouest. Les mouvements tectoniques vont alors dévier des cours d'eau et la future Loire va être captée par un fleuve qui se jette dans l'océan Atlantique. C'est la naissance du val de Loire.

A Tours, la Loire est aux 3/4 de sa course. Large de 450 mètres, le fleuve, majestueux mais irrégulier, est dit de sable l'été et d'eau l'hiver. Il joue le rôle de grand collecteur des eaux de la région et capte la Cisse, la Brenne, la Choisille, la Bresme et la Roumer en rive droite et l'Amasse, le Cher, l'Indre et la Vienne en rive gauche. 

Le Cher, large d'une centaine de mètres coule sur environ 50km avant de rejoindre le fleuve à Villandry.

La Vienne, large de 150 mètres rejoint la Loire à Candes-saint-Martin, à l'extrémité ouest du département. 

L'Indre, avec ses fortes pentes, traverse la Touraine sur 88 km, passant par Loches ou Azay-le-Rideau, avant de se jeter dans la Loire au Néman. La vallée de l'Indre, magnifique et incontournable, est parsemée d'un patrimoine naturel et culturel remarquable à découvrir.


Contactez-nous pour organiser votre découverte de la vallée de l'Indre, à pied ou à vélo.

Le climat

Le climat du Val de Loire en Indre et Loire est un climat tempéré et océanique (comme la Belgique, l’Angleterre,...). Cela signifie que les hivers sont plutôt doux (malgré des records de froid comme en 1964 avec -19°C) et que les étés sont cléments, même s'il peut y avoir des passages caniculaires (40°C en 2003).

La pente vers l'ouest du relief favorise les influences océaniques du climat. Les parties hautes et boisées du Nord et de l'Est de la Touraine forment un écran de protection contre les vents froids. De plus, la bise marine du Sud-Ouest vient atténuer les effets de l'hiver. Ainsi, la neige reste rare en Touraine et ne dure guère.

La douceur du climat à d'ailleurs donné à la Touraine le surnom de "jardin de la France".  

La Touraine était ainsi destinée à devenir une terre accueillante et hospitalière, à la croisée du Nord et du Midi. Le rôle historique de la région trouve dès lors une partie d'explication dans la particularité de son climat...